Le 14 juillet, ce n’est pas jour férié à Bruxelles, évidemment. Vous ne l’avez donc peut-être pas remarqué; mais la Commission européenne a révélé un cadre pour le plan d’action #FitFor55; ou « ajustement à l’objectif 55% » en français. Il s’agit d’un cadre de discussion, des orientations concrètes pour la mise en oeuvre du pacte vert et pour atteindre l’objectif de diminuer les émissions de carbone dans l’Union Européenne de 55% par rapport à 1990, année du protocole de Kyoto.
Dans l’introduction ; le ton est clair, il est temps de prendre des mesures concrètes, peu importe leur coût.
Parmi les mesures les plus importantes, vous aurez certainement entendu parler de l’interdiction de commercialisation des voitures émettant du CO2 d’ici 2035. Pour aider à cela, les infrastructures permettant notamment le rechargement des véhicules électriques seront grandement développées. Cependant, l’industrie est aussi mobilisée pour qu’elle diminue ses émissions : le système d’échange des quotas d’émissions, SEQE, serait étendu à d’autre secteurs de l’industrie, notamment les transports routiers et le bâtiment. Pour ne pas créer de concurrence déloyale par rapport aux pays hors-UE n’ayant pas ces normes environnementales, un mécanisme d’ajustement carbone au frontières, c’est-à-dire une taxe sur les importations polluantes, devrait être mis en place. La taxation de l’énergie sera aussi réévaluée ; en supprimant des exonérations de taxe sur les importations d’énergies fossiles pour désinciter à leur consommation et, au contraire, inciter à investir dans les énergies renouvelables. D’ailleurs, le plan FitFor55 devrait augmenter les exigences en termes d’énergies renouvelables en réhaussant l’objectif de 32% à 40% de présence des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen.
Cela doit permettre de décarboner au plus ces secteurs; d’inciter à utiliser des carburants durables ainsi qu’à poursuivre la recherche vers ces solutions pour les transports maritimes et aériens notamment ; ou, pour les bâtiments, d’augmenter l’efficacité énergétique afin que ceux-ci émettent moins de gaz à effet de serre.
Ces ressources devraient permettre de financer un nouveau fonds, le Fonds social pour le climat, géré par les Etats pour que ceux-ci puissent, notamment, aider les citoyens les plus touchés par la précarité énergétique. Des « trajectoires de transition » pour les entreprises concernées par les changements seront mises en place avec la participation des syndicats, afin d’adapter le mode de production à la transition écologique.
Réduire les émissions, c’est bien, mais préserver la capacité des terres à absorber du CO2, c’est encore mieux. La politique agricole soutiendra les pratiques qui permettent la régénération des sols, tandis que la nouvelle stratégie de l’UE pour les forêts vise à une meilleure conservation des forêts pour une sylviculture durable, ainsi qu’à la préservation des rares forêts « vierges » européennes, 3% de la surface forestière européenne, mais qui jouent un rôle important dans l’absorption du CO2.
Les mesures présentées sont résumées dans ce schéma, produit par la Commission européenne.

Le budget 2021-2027 ainsi que les fonds NextGenerationEU seront pleinement mobilisés pour financer les projets de transition énergétique. Les pays qui doivent fournir plus d’efforts pour réduire leur empreinte énergétique
Maintenant, c’est au tour des ministres de l’environnement de négocier à partir de cette base. Les réunions de travail ont déjà commencé, sous l’égide de la Slovénie, qui occupe la présidence du conseil de l’UE. Alors, bon travail, et bon courage !


